16/05/2021

Les passoires thermiques

Par Bernard Cadeau

Une bâtisse qui se fissure, des infiltrations dans les murs, des températures glacées l’hiver … elles sont 4,8 Millions, ce sont les fameuses passoires thermiques !

 

Alors, que faire ?

Tout l’enjeu consiste à les éradiquer bien sûr. A la clé un double bénéfice : lutter contre la précarité énergétique aux conséquences économiques, sanitaires et sociales que l’on imagine aisément, ET réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des bâtiments.

 

Sommes-nous sur la bonne voie ?

Le rythme des rénovations est insuffisant. Le gouvernement tente d’accélérer, via le projet de loi Climat et résilience, d’interdire la hausse des loyers dans les passoires thermiques dès 2023 et d’interdire purement et simplement la location de certains logements (classe G) dès 2025.

La grande majorité des propriétaires réalisent une rénovation par étape : les fenêtres d’abord (entre parenthèse, mieux vaut commencer par le toit), la chaudière, etc. Seule une minorité (la plus aisée) mène une rénovation globale.

 

Quels sont les freins ?

Ils sont nombreux : le principal réside dans le montant des travaux. Il faut compter en moyenne 40 000 Euros pour rénover une passoire thermique, avec un reste à charge d’environ 10 000 Euros, que ne peuvent assumer les personnes aux revenus modestes.

Dans le meilleur des cas 90% maximum des travaux sont pris en charge ; restent donc ces 10%, souvent impossibles à financer. Ajoutez à cela une certaine frilosité des banques à distribuer l’éco prêt à taux zéro, et, le plus souvent, l’obligation d’avancer le montant des travaux, et vous mesurez l’ampleur de la tache !

 

Il existe d’autres dispositifs mais ils sont d’une incroyable complexité et découragent de nombreux bénéficiaires potentiels. Exemple : « le dossier va pouvoir passer par HMS, il entre dans un dispositif OPAH, vous avez droit à des CEE et à MPR ! traduction : vous passez par Habiter mieux sérénité, vous entrez dans un dispositif Opération programmée d’amélioration de l’habitat et avez droit à des certificats d’économie d’énergie et à ma primerénov’.

Pour autant, il ne faut pas se détourner de l’objectif initial. Il est vertueux et indispensable. Mais, il faut un dispositif complet, du diagnostic à l’achèvement des travaux et à leur financement, en ne laissant personne sur le bord du chemin.

 

Il y a urgence à simplifier pour amplifier !

Et si l’on instaurait un guichet unique du logement ?