23/04/2020

Mon fils, ma bataille… Ma retraite, mon épargne…

Par Xavier Lépine, Président du Directoire du Groupe La Française

Les débats actuels sont l’opportunité pour chacun d’entre nous de réfléchir sur sa vie plus tard et ne pas participer au pessimisme stupide ambiant du type “de toute façon je n’aurai pas de retraite” !

La préférence pour le présent, la procrastination facile, l’angoisse de la vieillesse, la difficulté de comprendre comment ça marche, l’information peu claire, “dans 20 ou 30 ans j’ai le temps pour m’en occuper et je ne sais déjà pas ce que je vais faire dans 6 mois (alors que par contre, une certitude, si je vis toujours, je ne travaillerai plus à 65 ans !)”, tous ces propos nous les entendons et y participons d’une certaine manière.

C’est aussi l’opportunité pour les acteurs de l’épargne de réfléchir sur ce que sera LE PRODUIT de demain qui viendra très largement se substituer au contrat en euros, ce qu’ont déjà largement amorcé les pays du Nord de l’Europe.

 

Deux régimes s’offrent à nous :

  • Soit la taxation forfaitaire de 6,5% liquidée sur le prix de cession,
  • Soit le régime des plus-values de droit commun qui exonère les plus-values réalisées après 22 années de détention.

 

« UN » intérêt fiscal pour détenir une Œuvre d’Art : les droits de succession.

Quelle que soit sa valeur, une œuvre exposée dans le logement de son propriétaire, pourra s’inscrire dans le forfait de 5% des meubles meublants, et cela même si la valeur de l’œuvre dépasse celle du logement considéré ! Un avantage fiscal déterminant vous en conviendrez…

Cette lettre n’apporte pas des conclusions définitives et ne prétend pas être exacte sur les données tant les paramètres sont complexes et instables. Elle a vocation à situer le cadre, donner un ordre de grandeur et faciliter la réflexion sur ce sujet qui nous concerne tous. Ceux qui ont la chance d’avoir encore un horizon de temps long peuvent donc ainsi corriger le tir des seniors qui n’ont pas vu venir le choc !

Je ne rentrerai pas dans les polémiques actuelles sur la réforme des régimes de retraite mais quelques réalités s’imposent ; l’allongement de la durée de la vie, la pyramide des âges, la disparition de l’inflation du fait de la globalisation et de la désindexation des salaires sont autant de facteurs déterminants. Se posera donc pour les salariés ayant d’une part une capacité d’épargne et d’autre part une forte chute de leur revenu, la nécessité d’épargner pour leur retraite.

La loi Pacte ayant par ailleurs fourni un cadre juridique et fiscal facilitant de fait la création de fonds de pension à la Française, nous pouvons donc nous livrer à quelques simulations et calculs historiques afin de pouvoir comparer la retraite par répartition, la retraite par capitalisation et la dose de retraite par capitalisation qu’il conviendrait de se constituer en fonction de l’objectif de revenu futur recherché.

En synthèse :

  • Sur le passé, un salarié du secteur privé gagnant aujourd’hui 50 000 € net et partant maintenant à la retraite :
    • Recevra 25 000 € de retraite sur les 20 ans à venir, soit l’équivalent de 500 000 €, et peu ou prou les cotisations retraites qu’il a versé ainsi que son employeur.
    • Compte tenu de la performance historique des marchés financiers et d’immobilier de bureaux que ce soit sur les 20 ou les 40 dernières années, en mettant 2 % de son revenu de coté tous les mois, ce salarié aurait été aujourd’hui en situation de doubler le montant de sa retraite.
  • La réforme des retraites et la loi Pacte, spécialement pour les hauts revenus, doit inciter à se constituer une dose de retraite par capitalisation. Objectivement, les moteurs de performance – la baisse des taux d’intérêt et la globalisation – des dernières décennies ont disparu et les nouveaux moteurs de performance – technologie, intelligence artificielle, décarbonation et réduction des inégalités – ne permettent pas de faire des prévisions de rendement aussi importantes sur les décennies à venir. Un rendement attendu, net de frais de l’épargne de 3 % annuel est dès lors raisonnable. Le véritable effet de levier proviendra donc de la nouvelle fiscalité liée au Plan d’Epargne Retraite qui, pour simplifier, permet de multiplier par deux le rendement attendu et donc de pouvoir se constituer un capital retraite significatif pour un taux d’effort d’épargne mensuel relativement faible.
  • Ainsi, pour les acteurs de l’épargne, cela signifie que le modèle économique dominant qui reposait très largement sur le contrat en euros où le risque était pris par l’assureur en contrepartie d’une partie du sur-rendement, va être remplacé par un système où le risque est transféré à l’épargnant mais absorbé très substantiellement par l’Etat via la réduction d’IRPP.
  • Ce changement radical de business model tant pour la personne physique que pour l’écosystème de l’épargne est l’enjeu majeur des années à venir.

Télécharger la lettre de Xavier Lépine