28/03/2021

Le mal logement

Par Bernard Cadeau

Est-ce qu’on vit toujours bien dans un logement ?

 

Le plus souvent, la réponse est oui mais je veux évoquer ce matin un réel problème de société : le mal logement qui touche un nombre croissant de Français. Les derniers chiffres évoquent 22% soit un Français sur Cinq, qui est mal logé ou qui est fragilisé (depuis la crise du Covid) par rapport au logement.

En chiffres : seulement 0,8% des 100 Milliards du plan de relance seront affectés au logement des plus vulnérables.

En chiffres toujours : plus de 14 Millions de personnes concernées, dont plus d’un million sans logement personnel (le double depuis 2012), plus de quatre millions en surpeuplement, plus de trois millions et demi qui souffrent du froid dans leur logement, etc

La Fondation Abbé Pierre dans son rapport Annuel évoquait une « bombe à retardement », sachant que la crise a aggravé la situation des mal-logés et des plus fragiles.

La situation financière d’un Français sur trois s’est dégradée et principalement chez les jeunes et chez tous les allocataires des APL.

La situation économique et le spectre d’un chômage de masse, rend, pour beaucoup, l’avenir incertain.

 

On peut agir, et si oui comment ?

 

Mais que faire ? Car une chose est de constater et sensibiliser, une autre est d’agir !

Partant du principe « qu’il ne faut jamais gâcher une crise », des réformes structurelles doivent être engagées pour pouvoir mettre en place un système pérenne.

Il faut commencer par produire plus de logements ! c’est la mère de toutes les batailles : nul ne pourra régler le problème du logement sans fournir le volume nécessaire à satisfaire les besoins. Ceci vaut d’ailleurs, et nous l’évoquons souvent sur l’antenne, pour l’ensemble des catégories de logements.

 

Et construire sera suffisant ?

 

Il faut en parallèle rénover massivement le parc existant et faire disparaitre les passoires thermiques dont le nombre est estimé à près de cinq millions. Le gouvernement a lancé un objectif ambitieux de 500 000 par an d’ici 2025 ; espérons qu’il soit atteint ! Il faut de la contrainte (certains logements ne seront plus louables dès 2023, puis 2025, puis 2028 s’ils restent en l’état) il faut de l’incitation ; à cet égard le dispositif « Ma prim’rénov » rencontre un grand succès. Mais il faut également viser le zéro reste à charge pour les propriétaires les plus modestes en leur évitant la double peine.

 

Mais qui paie ?

 

Enfin, comme l’état ne peut pas tout, je propose de créer un véhicule d’investissement ad hoc destiné aux particuliers, désireux d’investir dans la pierre et volontaires pour pratiquer des loyers minorés, proposés aux plus modestes. Nous rappelons ici même régulièrement, combien l’épargne des Français est surdimensionnée et mal rémunérée. Ce serait sans doute une bonne façon de la flécher vers un investissement productif.