21/02/2021

Les loyers capitalisés à Paris 

Par Bernard Cadeau

Les loyers capitalisés à Paris

 

La première idée qui vient c’est qu’il faut d’abord percevoir une somme (des loyers par exemple), pour pouvoir la capitaliser ensuite.

 

C’est le principe adopté par la Mairie de Paris, mais voyons comment :

Rappelons tout d’abord que la loi exige un pourcentage de logements sociaux par ville (25%), chaque commune cherchant à atteindre cet objectif ou à s’en approcher. La ville de Paris n’y échappe pas et fait de gros efforts en la matière.

Mais elle adopte une démarche un peu particulière : Elle rachète des logements en utilisant son droit de préemption, puis elle les convertit en logement sociaux, et se tourne alors vers les bailleurs sociaux qui les exploiteront durant les Cinquante prochaines années.

 

Là où c’est original, c’est que le bailleur social doit verser en une seule fois, l’intégralité des loyers des cinquante années !  Imaginez le bailleur privé qui demanderait à son locataire de lui verser trois ans de loyers en une seule fois lors de son entrée dans les lieux !

Vous avez compris, c’est tout sauf banal ; ça résulte d’un accord dérogatoire, accordé à Paris en 2015. La chambre régionale des comptes a d’ailleurs évoqué une manœuvre comptable !

 

Que faut-il en penser ?

 

Eh bien c’est l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein, ou de la médaille et de ses deux revers : selon comment on regarde, on peut approuver ou déplorer.

Depuis 2016, ce système a permis d’acquérir et de transformer 20 000 Logements et l’on peut s’en réjouir … Mais ces 20 000 Logements qui manquent au marché de gré à gré renforcent la pénurie et contribuent à une pression sur les prix de vente. Enfin les 1,2 Milliards d’Euros avancés par les bailleurs sociaux pèsent sur leur capacité d’investissement pour agrandir leur parc et loger plus de monde. En conclusion : jeu à somme nulle ou bombe à retardement ? Je vous laisse apprécier !