23/02/2020

Les logements vacants

Par Bernard Cadeau

Le ministre, Julien Denormandie, part en guerre contre les logements vacants, menaçant même de les réquisitionner. Il a lancé un plan national de lutte contre ces logements vacants, au nombre de 200 000.

 

Arrêtons-nous sur les chiffres globaux : la France compte 37 Millions de logements dont 3 Millions sont considérés comme vacants … lorsque l’on retranche les logements neufs non encore livrés, les biens en cours de vente ou en travaux de rénovation, les biens issus d’une succession ou d’un divorce en cours, notamment, eh bien les chiffres tombent à 200 000 comparés à nos 37 Millions soit moins de 1%. Précisons qu’une taxe sur les logements vacants est appliquée à hauteur de 12.5% de la valeur locative, pour passer à 25% à partir de la deuxième année.

Le ministre insiste sur l’aspect inacceptable de la situation ; il a raison mais il vise principalement, les investisseurs institutionnels !

Il leur est reproché de conserver vides des immeubles entiers, qu’ils soient de bureaux ou d’habitation, et ce, à des fins spéculatives.

 

Il faut être prudent et nuancé : par exemple, tous les immeubles de bureaux ne peuvent pas être transformés en logements, pour des raisons techniques, principalement ! Quant aux immeubles d’habitation, ils mériteraient peut-être des arbitrages plus rapides qui déboucheraient soit sur une mise en vente, soit sur une décision de relocation.

Du coté des particuliers, faisons taire la rumeur selon laquelle les bailleurs privés garderaient des logements vides, avec pour seul objectif de spéculer !

C’est faux et stupide à la fois ! Lorsque l’on est propriétaire d’un ou deux logements, financés en général à crédit, on ne peut pas se permettre de perdre des loyers donc on loue sans discontinuer !

 

Il y a de quoi être inquiet concernant la réquisition. En effet, ce mot effraie et bien plus encore chez les bailleurs privés. Mais ils rappellent que le droit de propriété est un droit constitutionnel, laissant à chacun la liberté de gérer son patrimoine à sa guise.

Il me parait peu probable que le gouvernement aille jusque-là. Les bailleurs privés sont des acteurs indispensables au marché locatif. Leurs investissements sont protégés via des systèmes d’assurance.

Il est très important de créer le climat de confiance propice à encore plus d’investissement logement. Le logement à prix raisonnable doit être une priorité. La pierre est un placement sur, dont la rentabilité n’a pas à rougir comparativement à d’autres placements.