07/03/2021

Les investisseurs institutionnels

Par Bernard Cadeau

Vous fréquentez beaucoup de Zinzins ?

 

Non, pas ceux auxquels vous pensez, non : les vrais, les fameux investisseurs institutionnels !

Alors, me direz-vous pourquoi eux ?

Eh bien tout simplement, parce que ce n’est plus une rumeur : ils reviennent sur le marché du logement ! Amorcé en 2020 le mouvement se confirme et c’est une bonne nouvelle.

Pour rappel, se rangent entre autres, dans cette catégorie, les banques, assureurs, mutuelles, mais également les gros portefeuilles d’investisseurs privés tels les family office par exemple.

Dans les années 1990, les investisseurs institutionnels ont détenu jusqu’à un million de logements en France. Dans les années 2000 ce stock a fondu très significativement, sous un double effet : les prix de l’immobilier ont fortement augmenté, faisant ainsi baisser le rendement locatif, mais dans le même temps, ils offraient des opportunités colossales de plus-value à la revente. Il était plus intéressant de vendre que de louer. Les meilleurs rendements se situaient alors ailleurs, dans les bureaux et les commerces.

 

Tout a changé depuis ?

 

La situation est aujourd’hui totalement inverse : La Covid a joué un rôle d’accélérateur avec plus de télétravail, plus de M2 disponibles, comme en Île-de-France par exemple où la quantité de bureaux nouvellement loués a chuté de 45% en un an. Les gestionnaires d’actifs se sont alors naturellement tournés vers d’autres opportunités, et les 3 à 4% offerts dans le logement, font d’un seul coup, bonne figure !

Cette tendance se retrouve dans les volumes d’achats en bloc de logements ; on estime en effet le volume actuel à trois ou quatre fois plus qu’il y a 5 ans.

 

Alors : bonne ou mauvaise nouvelle pour le marché ? Une seule réponse serait réductrice, bien sûr !

L’investissement massif dans un grand nombre de logements destinés à être loués à prix raisonnables est une excellente chose, c’est indéniable. La France manque tant de logements locatifs résidentiels.

Attention toutefois, à ce que ces achats significatifs, ne tarissent pas l’offre acquisitive. La construction est en berne ; il est urgent de la relancer massivement pour permettre à celles et ceux désirant acheter, de le faire et aux particuliers d’investir pour louer.

Vous l’avez compris, dans l’alignement des planètes auquel nous assistons, une seule n’est pas à sa place : la production !