01/03/2020

L’investissement agricole

Patrick Ribouton
Par Patrick Ribouton

Osez Investir s’interroge logiquement sur l’intérêt de l’investissement agricole…

Quelques chiffres pour éclairer le sujet : à l’échelle de la planète c’est 9 milliards de bouches qu’il faudra nourrir à l’horizon 2050 ;

En France, le foncier est l’un des moins cher d’Europe et 50% des exploitants agricoles partiront à la retraite d’ici 2030.

Le foncier français attise les convoitises ; tout le monde a en tête les 1300 ha d’une ferme achetée dans l’Indre par des chinois ; cette transaction avait même créé une réelle émotion…

Il y a là, à mon sens, un double enjeu : un enjeu mondial : la gestion des ressources, et un enjeu national : comment accompagner la transition et les nécessaires mutations ?

Ces enjeux paraissent pertinents et économiquement opportuns.

 

Comment investir dans l’agricole ?

 

A l’heure où les pouvoirs publics sont pourtant conscients des difficultés de financement et des nécessaires mutations, force est de constater qu’il n’existe en France aucun véhicule d’investissement encourageant ou drainant les besoins en capitaux nécessaires au monde agricole.

Si l’on exclut du spectre la spéculation autour des matières premières agricoles, l’investissement agricole est aujourd’hui le résultat de démarches parfaitement isolées :

Il s’agira :

–          Soit d’acquérir des terres agricoles qu’un investisseur donnera en fermage à un exploitant ;

–          Soit l’acquisition vaches qu’il confiera à bail à cheptel à un exploitant…

 

Pour une bête, l’investissement est facilement accessible. 1500 euros suffisent.

Pour une propriété, il faut compter 5 à 12.000 euros par ha et un minimum de 100.000 euros.

Quelle rentabilité peut-on escompter ?

Pour le cheptel, il s’agira d’une sortie en capital ; comprenez en vaches, qui seront cédées au prix du kilo. Performance attendue : 3 à 4% par an.

Pour les terres agricoles louées, les fermages sont encadrés. Comptez 1,5 à 2% de revenus auxquels s’ajoute la valorisation de la terre ; environ 3 % par an en moyenne constatée au cours des 20 dernières années ; mais vous bénéficierez aussi d’une exonération d’IFI à hauteur de 75% et de droits de mutation à titre gratuits très réduits en cas de donation ou de succession.

 

Et si l’investissement agricole était réalisé pour la bonne cause du secteur ?

 

L’investissement agricole peut aussi être appréhendé d’une manière philanthropique. C’est ainsi qu’une foncière, baptisée « Terre de Liens », déclarée d’utilité publique, et soucieuse de défendre l’agriculture paysanne propre, a déjà réuni plus de 80 millions d’euros !