10/01/2021

L’immobilier au pluriel

Par Claire Juillard

Nous ne pouvons pas parler de l’immobilier au singulier. Il faut en parler au pluriel ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

 

Il n’y a pas un marché immobilier mais qu’il y en a plusieurs. C’est une évidence mais cela n’empêche pas d’entendre constamment parler de l’immobilier au singulier et de le réduire à une tendance, en l’occurrence nationale.

Cela n’empêche pas non plus de produire des analyses très autocentrées sur le marché immobilier parisien. Comme si l’immobilier était ultra tendu partout en France ! Ce n’est évidemment pas le cas. Et cela ne l’est d’ailleurs même pas en Ile-de-France.

 

Si les chiffres régionaux atteignent globalement des records, c’est sous l’effet d’un nombre très restreint de micro-marchés qui concentrent non seulement la cherté de l’immobilier mais les dynamiques haussières.

De même, les prix ne progressent pas partout à vitesse grand V en IDF. Ils peuvent stagner, voire même baisser, ce qui est notamment le cas de nombreux micro-marchés situés aux franges de la région. Non pas parce qu’ils ne sont pas attractifs, mais parce qu’ils concentrent des biens relativement moins valorisés.

 

L’immobilier francilien ne se réduit pas non plus au schéma « centre-périphérie », mais forme plutôt une mosaïque dont la logique ne dépend pas de l’éloignement au centre ! Ni même d’ailleurs de la fracture Est-Ouest.

 

 

Pour conclure ?

 

Il ne faut donc pas se méprendre sur l’immobilier et en parler au pluriel permet d’éviter bien des écueils. C’est d’autant plus indispensable en cette période que nous traversons. Les crises exacerbent la segmentation des marchés et révèlent leur très forte inégalité face à la conjoncture. Il ne faudrait pas ne pas en tenir compte.