02/02/2020

La confiance

Par Bernard Cadeau

Imaginez-vous en candidat à la location face à un bailleur qui ne vous connait pas. Pourquoi vous ferait il confiance et vous permettrait-il de louer son bien immobilier ?

C’est bien là que le bât blesse ; on nage en plein paradoxe, parce que les chiffres sont édifiants et dans leur immense majorité (plus de 98 %) les locations se déroulent normalement, sans conflit.

S’il n’y a pas de conflit, pourquoi en faire un sujet me direz-vous ?

Et bien parce que les rares incidents braquent sur eux les projecteurs ! se repend alors une légende urbaine selon laquelle le bailleur ne doit pas faire confiance au locataire.

S’en suivent deux conséquences :

  • L’une immédiate : on réclame de plus en plus de justificatifs au candidat locataire, parfois au mépris de la réglementation, et, ce candidat locataire vit sa recherche comme un parcours du combattant,
  • L’autre conséquence, à moyen et long terme, c’est de dissuader l’investissement locatif chez les particuliers et donc d’accroitre la pénurie de logements disponibles, ce qui se traduit immanquablement par une pression accrue sur les prix !

 

En d’autres termes, si on est bailleur, on se méfie du locataire qui risque de ne pas nous payer, mais en même temps, on a pris le risque financier de l’investissement, mon droit de propriété doit être respecté et on doit pouvoir récupérer mon bien au terme du bail. Et si on est locataire et on ne comprend pas la raison de ce procès d’intention !

 

Au milieu de l’actualité sociale chargée de ce début d’année vient d’être présenté le projet de loi Nogal du nom du rapport éponyme rédigé par un député de la majorité.

 

Ce projet de loi est sous-titré : “louer en confiance”. Il vise à apaiser les relations bailleur/locataire.

 

On peut parler de révolution car, les professionnels sont officiellement désignés comme tiers de confiance de cette relation ! ils devront à l’avenir offrir au bailleur, un règlement à date des loyers, même en cas de sinistre. Ils seront séquestres de tous les dépôts de garantie et, en cas de besoin, un seul garant pourra être réclamé au locataire.

Le travail parlementaire ne manquera pas d’enrichir le texte, la profession est prête à prendre ses responsabilités et les Français, de sondages en sondages, réaffirment leur attirance pour la pierre. C’est pour eux l’opportunité de revenus complémentaires à la retraite et l’occasion de transmettre leur patrimoine à leurs proches.

 

Ce texte de loi doit dissiper tout malentendu et lever les éventuelles dernières réticences des candidats à l’investissement locatif. Il y a là un véritable enjeu économique. Les besoins de logements locatifs sont énormes et la demande progresse sans cesse. Son application est programmée pour le 1er Janvier 2021.