06/06/2021

La baisse des prix des loyers

Par Bernard Cadeau

Entendez-vous depuis quelques semaines cette petite musique qui vous dit : « la crise de la covid pousse les prix des loyers à la baisse » ? Moi oui, et je ne veux pas laisser passer cela, en entretenant de faux espoirs pour tous les candidats locataires, qui, eux, sur le terrain, ne constatent absolument rien !

 

Alors info ou intox ?

 

De quoi parlons-nous ?  D’abord seules les locations meublées, minoritaires en nombre, sont concernées. Je dirais, pour être aimable, que c’est un concept « capilotracté » !

Voici le raisonnement : la crise a fait fuir les clients étrangers, qui faisaient le bonheur des propriétaires spécialisés dans la location meublée de très courte durée, type airbnb. Les étudiants sont retournés chez leurs parents suivre des cours à distance et les jeunes actifs ont souvent choisi d’aller vivre ailleurs en utilisant le télétravail. Ajoutez, la chasse aux abus à Paris par exemple, et les copropriétaires mécontents.

Bref, la stratégie évolue et les mêmes propriétaires passent à une location dite longue durée, de 9 mois à un an.

 

Alors, baisse ou pas ?

 

Certes, pour une toute petite partie du parc locatif, les logements meublés, il y a baisse des loyers, mais il faut comparer ce qui est comparable : si je fais commerce de louer en meublé à 100 euros la nuit par exemple, je ne suis plus un bailleur mais je deviens hôtelier. La baisse concerne au premier chef le bailleur qui voit ses revenus amputés lorsqu’il passe à une location longue durée. Pour le locataire, le loyer demeure au prix du marché pour un bien identique, sur une durée comparable, avant la crise.

 

Tous les logements ne sont pas concernés ! La grande majorité des logements loués à Paris et dans les grandes villes, sont loués vides pour des durées de trois ans. Certes, il y a eu en Mars et Avril, plus d’offres locatives, dues au départ de nombreux candidats à une vie loin des villes, mais elles ont rapidement été pourvues, car, ne l’oublions pas : toutes les grandes métropoles souffrent d’un énorme déficit de logements disponibles, qui est seul responsable du niveau de prix constaté.

Ne faisons donc pas d’un cas très particulier une généralité, et n’espérons pas de baisse significative des loyers, tant que l’équilibre entre offre et demande de logements ne sera pas atteint.

La crise aura peut-être eu un effet vertueux à l’encontre de ceux qui exagéraient un peu trop avec les locations de très courte durée !